Critique :

Tout d'abord, ce recueil est au programme de l'agrégation d'anglais, option littérature 2015 et c'est pour moi une belle découverte.

L'ensemble est assez déroutant car chaque histoire est autonome mais il y a comme des résonances entre les nouvelles, des échos. Par exemple, nombreuses héroïnes se nomment Helen, mais est-ce la même jeune fille ou des jeunes filles semblables mais différentes ? Donc au final faut-il les lire comme des épisodes d'une même histoire (et dans ce cas quelle est la place des nouvelles qui ne traitent clairement pas de cette Helen) ou les nouvelles sont-elles complètement indépendantes ? Bref, un tout déroutant mais passionnant.

On y découvre généralement des héroïnes (sauf une nouvelle dont le protagoniste est un jeune homme) en proie à divers sentiments (l'amour, la culpabilité) et on les regarde pendant un moment important de leur vie, comme une photographie d'un moment précis.

J'ai été frappée par la place de la figure de la mère, place assez problématique : mère dont on a honte, mère qui ne nous comprend pas, mère absente... Cette relation mère-fille est d'ailleurs à mon avis au coeur de la nouvelle qui m'a le plus émue : une jeune femme rentre dans son village natal. Fille aînée, elle accepte une bourse qui l'envoie loin de sa famille, de sa jeune sœur et de sa mère malade. L'héroïne est hantée par la culpabilité de cet abandon. J'ai aimé cette nouvelle, je l'ai trouvée très émouvante, surtout quand l'on sait que Munro battit ses nouvelles à partir d'éléments biographiques.

Au final, cela fait un recueil très émouvant, se concentrant sur la vie de femmes dans un milieu plutôt rural, plutôt restreint.

Dernier petit point : attention aux éditions françaises. Le recueil original contient quinze nouvelles. Certaines des traductions (je pense à celle de rivages) en annoncent sept donc seraient incomplètes.